vendredi 15 février 2013

Cléopâtre : Le film pharaonique ou la déception de Mankiewicz

« Les gens ont tendances à croire qu’un film qui a coûté autant d’argent et dont on a tant parlé ne peut être qu’une gigantesque plaisanterie. Mais ce n’est pas le cas. Cléopâtre est une tentative sérieuse de faire la lumière sur l’une des plus grandes histoires de tous les temps. » - Rex Harrison (César)


Cléopâtre c'est d'abord Elizabeth Taylor, le sexe symbole des années 50/60, qui trouve là un rôle qui exacerbe son pouvoir de séduction et son statut de reine de Hollywood. Elle exige 1 million de dollars pour ce film, la Fox accepte (à son grand étonnement...), ce qui fait d'elle la première actrice à jamais atteindre ce cachet. C'est le début du star power, elle impose ses caprices sur le plateau et aux réalisateurs (Mamoulian puis Mankiewicz).
Bref, Cléopâtre est Liz Taylor.


Cléopâtre c'est ensuite des décors somptueux, formidablement travaillés et gigantesques dans lesquels se produit un casting d'acteurs fantastiques.
Cléopâtre c'est aussi un tournage très laborieux d'un an et demi, 44 millions de dollar de budget et des dizaines de milliers de figurants. Ce budget qui fût tant de fois dépassé et qui poussa la Fox au bord la ruine.
Et enfin Cléopâtre est le film scandale où se rencontra le couple volcanique Taylor/Burton, qui augmenta la publicité et l'intérêt autour du film mais qui provoqua également, comme on va le voir, sa perte.
Pour toutes ces raisons, ce film est déjà culte.


Mankiewicz filmait le jour et écrivait le scénario du lendemain la nuit. Il était épuisé mais avait l'ambition de faire 6h de film, qu'il comptait séparer en 2 opus, César et Cléopâtre et Antoine et Cléopâtre... Malheureusement à la Fox, le trou dans le budget que le film avait provoqué pesait davantage dans la balance que la satisfaction d'un réalisateur. Voulant surfer sur la vague d'engouement autour du couple star, ils ne souhaitaient pas sortir les deux épisodes séparément, au cas où l'idylle se terminerait. Qui irait alors voir la deuxième partie du film si les deux héros n'étaient plus...??


On aura donc au final que 4h de film et non 6, ce qui brisa le coeur, sans dramatisation; de Mankiewicz, qui a vu son film devenir autre chose que ce qu'il aurait souhaité. D'ailleurs, les nombreuses mauvaises critiques à la sortie n'ont fait qu'enfoncer le clou.
Joe Mankiewicz a vécu le reste de sa vie en reniant son film, espérant qu'un jour quelqu'un le montrerait tel qu'il l'avait conçu.

Avec le recul on peut penser que le réalisateur s'est montré dur avec son travail, qui est tout de même d'une grandeur épique: histoire d'amour, reconstitution historique, ambition politique, le disciple qui veut égaler le maître... 


Le film propose ainsi des moments épiques, faits de glorieux conquérants, de reines et d'empereurs, et puis s'entremêlent les moments intimes pleins de poésie, quand ils redeviennent tous des hommes et des femmes, dont les raisons du cœur pèsent plus lourd que la sagesse de l'esprit.
La première partie, avec César donc, met plus en avant le côté historique, épique avec une réelle ambition politique de la part de Cléopâtre. Tandis que la seconde moitié fait place à la femme amoureuse et blessée, avec des scènes beaucoup plus dramatiques.
 
Qui peut oublier la célèbre scène d'introduction de Cléopâtre à César? Qui peut oublier son arrivée dans Rome, vêtue d'or, sur son char tiré par 100 esclaves? Qui peut oublier la façon dont elle pleure le mariage de Marc Antoine, criant et s'acharnant au couteau sur son lit, pour juste après l'humilier en public en lui demandant de s'agenouiller?


Tout le tapage médiatique, les parodies, les scandales ont peut-être éveillé la curiosité du public, qui vînt tout de même en masse dans les cinémas, mais ils ont aussi créé une atmosphère néfaste autour du film, lui retirant une part de son objectivité de critique.
50 ans plus tard, il est plus facile d'apprécier à sa juste valeur ce très beau film.
On peut avoir quelques regrets quant à savoir ce qu'aurait été le film de 6h, or qui sait, peut-être qu'un jour on finira par retrouver toutes les bobines manquantes...

Note 9/10
Cléopâtre de Joseph L. Mankiewicz (1963)
Avec Elizabeth Taylor, Rex Harrison, Richard Burton, Martin Landau, Roddy McDowal

La folle ingénue : Cluny Cluny Bang Bang !



Cluny Brown est le genre de jeune femme qui aime réparer des tuyauteries bouchées en faisait « Bang » dessus avec une grosse clé à molette, et juste après, s’extasier de cet exploit en miaulant de plaisir. Ajoutez au tableau Belinski, un écrivain tchèque, fuyant Hitler, un brin philosophe, adepte des plaisirs simples de la vie et à l’humour irrésistible. Après s’être rencontré lors du débouchage miraculeux de l’évier cité plus haut, nos deux amis se recroisent en pleine campagne anglaise, elle en tant que bonne, lui en tant qu’invité de la maison où elle sert.


Le résultat est une comédie aux dialogues superbes et à l’humour satyrique et subtil, où Charles Boyer et Jennifer Jones déploient tout leur charme et leur talent. Les décors de la campagne anglaise sont tout à fait charmants, entre les beaux intérieurs du manoir, les petites maisons fleuries qui bordent les routes et le magasin de l’apothicaire, on se croirait dans un conte. D’ailleurs Cluny et Belinski se disent être comme sur une île déserte, attendant d’être sauvés, ce qui amène un côté fantaisiste.

Il ne faut pas oublier les seconds rôles, tous très travaillés et servant le but précis de se moquer de la société anglaise. Personnellement, j’ai un petit faible pour les deux domestiques en chef, patrons de la naïve Cluny, qui prennent leur travail et leur condition de larbins avec tellement de sérieux que s’en est à la fois tordant et ridicule.


Bien sûr derrière la carrière frustrée de plombier de Cluny il faut lire une critique d’une société trop hiérarchisée et dictatrice de conduite, bien que, et c’est là tout le génie de Lubitsch, le double sens à connotation sexuelle soit évident. La réaction plus qu’horrifiée de l’entourage de Cluny lorsque celle-ci ose « s’abandonner » à la plomberie, comme si elle « abandonnait » sa vertu, est la dénonciation par le réalisateur d’une société trop puritaine qui aurait besoin d’un bon « bang ».

Ce n'est pas la comédie la plus connue de Lubitsch, mais c'est assurément l'une de mes préférées! (sûrement juste après Jeux dangereux et La 8ième femme de barbe bleue...)

Note: 9/10
La folle ingénue d'Ernst Lubitsch (1947)
Avec Charles Boyer, Jennifer Jones, Peter Lawford, Helen Walker

jeudi 14 février 2013

Seuls les anges ont des ailes : Jean veut encore!

Bonnie Lee fait escale dans un petit port bananier d’Amérique du Sud, Barranca, où elle rencontre les hommes d’une petite compagnie aéropostale, chargés de délivrer le courrier au delà des Andes. Le boss c'est Goeff Carter, un homme fataliste apparemment sans coeur, dont Bonnie ne pourra que s'amouracher bien évidemment, même si Goeff, lui "never ask anything from any woman"...


Tout comme Bonnie, on débarque dans la vie de ces pilotes et on découvre leur quotidien, leur façon de faire face à la mort. Pas de chichis si on ne veut pas craquer, il faut oublier ceux qui ont péri et penser à la prochaine éclaircie qui annoncera un nouveau décollage. Le film mêle avec brio les moments de bravoure et de virtuosité, à ceux beaucoup plus intimes où les peurs et les peines les plus enfouies refont surface. C’est un film plein d’humanité, dont le ton sonne toujours juste.


J’aime beaucoup le confinement dans ce restau/bar/hôtel qui sert de décor principal à l’histoire. Un huis-clos comme je les aime, un peu étouffant, très peuplé parfois, où tout repose sur le génie des dialogues et des acteurs.
Des acteurs formidables donc, emmenés par Cary « Like a boss » Grant évidemment, mais les autres sont loin d’être en reste, que ce soit Thomas Mitchell, le meilleur pote, Kid, 22 ans de carrière mais toujours aussi téméraire et attendrissant, ou bien Sig Ruman dit Dutchy, le propio au grand cœur qui n’aime pas les avions…


Mais pour moi le génie de ce film repose aussi sur le casting de Jean Arthur, actrice très intéressante et assez unique. Elle n’a peut-être pas le sex-appeal ni la beauté d’une Rita Hayworth (que je trouve au demeurant plutôt ordinaire dans ce film), mais elle possède cette sorte d’aura, de charisme qu’elle promène partout dans ce boui-boui avec sa voix si particulière. D’une certaine façon, elle fait un peu tâche dans cet univers de pilotes sans lendemain. Parfois maladroite, elle s’accroche à Geoff (Grant) d’une manière un peu désespérée mais toujours fière, le remettant à sa place bien des fois d’ailleurs ce qui fait plaisir. Elle a un jeu des plus formidables : regardez la balbutier, au moment du petit déjeuner, à la fois gênée et offusquée, regardez la rembarrer Rita lorsque cette dernière fait irruption dans la chambre de Geoff…



Elle est juste géniale, à l’image de ce film.

Note : 10/10
Seuls les anges ont des ailes de Howard Hawks (1939)
Avec Cary Grant, Jean Arthur, Thomas Mitchel, Sig Ruman, Rita Hayworth

La fille de Ryan : "On ne naît pas femme, on le devient."

Sorte d'adaptation de Mme Bovary, l'histoire se passe pendant la première guerre mondiale en Irlande, où Rose Ryan, une jeune fille d'un petit village, est éprise de Charles, l'instituteur, beaucoup plus âgé qu'elle. Sa tête est pleine d'espérances et d'idées romantiques que son mariage avec Charles ne comblera pas. Un jour arrive un beau major anglais...  
Mes impressions sur ce film sont assez étranges, je crois que j’ai décidé de vraiment l’aimer au bout de 1h30 de visionnage (sur 3h10). C’est comme si plus le film avançait, meilleur je le trouvais.
Bien sûr je ne veux pas dire que la première partie n’a pas ses qualités, loin de là, mais il y avait pas mal de longueurs qui m’ont assez refroidie. Le film commence très bien, avec ses magnifiques paysages irlandais, notamment un superbe plan des Cliff of Moher, et d’ailleurs ce paysage et la mise en scène aident a compenser les moments plutôt plats.


J’aime comment Lean s’est servi de son environnement pour illustrer son histoire, notamment lorsque Rosy et le Major se retrouvent dans la forêt : je crois que je garderai en mémoire ce plan sur les deux fils d’araignée pendant longtemps. C'est une scène chargée d'érotisme qui fît accuser Lean de faire de la pornographie, bien qu'on en soit loin. Et puis il y a cette fameuse scène de tempête, où tout le village se rend sur la plage pour récupérer des armes illégales perdues dans les vagues! C’est comme si les grands espaces appelaient Rose et l’incitaient à quitter ce village paumé.


Je pense que le film prend un premier envol lors de la rencontre entre le major et Rose, car non seulement elle met fin à un début assez longuet, mais aussi car elle est extrêmement percutante, on est surpris par la foudroyance de la passion. 
J’ai beaucoup aimé la seconde moitié du film car l’apprentissage de Rose se fait plus concrètement, elle mûrit et mesure l’étendue des conséquences de ses actes. Si la première partie du film est plus empreinte de rêveries, celles de Roses mais aussi celles de Charles (superbe scène onirique sur la plage, cf photo ci-dessous), la seconde est faite de répercussions réelles, avec notamment le lynchage de Rose, orchestré par tout ce village de tarés.


Le film brode en fil rouge cette réflexion sur la différence, avec sur un premier plan évident, Michael, rejeté par le village pour ses handicaps mentaux et moteurs, et dans un second temps, Rose, qui en fait a toujours été différente mais ne fut rejetée que lorsque elle a « consommée » cette différence avec le major. D’ailleurs Rosy comprend enfin la situation que Michael a toujours connue à la fin du film, dans une scène de rédemption qui pourrait être celle de la morale finale dans un conte.

Ce qui est plutôt tragique c’est de voir les habitants du village penser qu’ils sont la normalité, alors qu’ils ont tous l’air de dégénérés échappés de l’asile. Le père Hugh accuse l’oisiveté de les abrutir, moi je parierais sur des raisons plus profondes, hahaha…


Le film peut compter sur de belles interprétations, si Sarah Miles est parfaite, j’ai été plus que ravie de voir Mitchum dans ce rôle en contre-emploi. Qui aurait cru un jour que je trouverai Robert Mitchum ennuyeux et ordinaire! J’ai un peu plus de réserves sur le major (Jones), même si son passé douloureux lui donne un côté mystérieux et fragile intéressant, je n’ai pas pu m’empêcher de le trouver un peu mou.

Certains qualifient ce film de grande passion, mais pour moi, l'enjeu principal ne se situe pas dans cet amour adultérin, mais bien dans le personnage de Rose, que cette liaison, associée aux autres événements du film, va faire grandir. Je dirais que j’ai davantage apprécié ce film avec un peu de recul, on réalise qu’il est constitué d’une foule de belles choses et de messages, transmis par la magnifique mise en scène de Lean, sans doute son film le plus personnel.

Note: 8/10
La fille de Ryan de David Lean (1970)
Avec Sarah Miles, Robert Mitchum, Trevor Howard, Christopher Jones, John Mills, Leo McKern

Gunga Din : Les tribulations de 3 soldats en Inde

Grant, McLaglen et Fairbanks forment un trio de choc dans l’armée Britannique postée en Inde. Les combats héroïques et pleins de panache constituent leur quotidien, on en a d’ailleurs un bel échantillon au début du film : cascades, lancers de dynamite, combats à mains nus, rien n’arrête les trois compères, et ces scènes sont pleines de drôleries. Il vont ensuite avoir affaire à la secte des Thugs, adorateurs de la déesse destructrice Kali, scénario qui inspira le deuxième volet d'Indiana Jones.


Mais pour moi, ce qui fait surtout le charme du film, c’est toute sa partie entre les deux moments de bataille, quand le trio se retrouve au camp. On passe alors à des scènes de camaraderie très sympathiques, où McLaglen et Grant s’en donnent à cœur joie. Ils essayent entre autres de convaincre Fairbanks de rester dans l’armée et pour cela ils usent de stratagèmes assez comiques. Mention spéciale également à la scène où Grant surprend Gunga Din (le porteur d'eau) en train d'imiter les soldats: une pépite de rires.

Je ne sais pas vous, mais moi je ne peux résister à ce bourru de McLaglen, rien que sa tête me fait marrer. Je ne le connaissais que de « L’homme tranquille » (film très cher à mon cœur), où déjà il était absolument génial, et "Gunga Din" marque donc son entrée définitive parmi mes chouchous (grand honneur j’en conviens !).

La bataille finale dans le temple, est plus sérieuse que la première, un brin coloniaiste et aussi un poil trop longue, mais on peut voir Grant cabotiner joyeusement alors on pardonne. Un film de camaraderie et d'aventure sympathique qui gagnerait à être connu!

Note: 7/10
Gunga Din de George Stevens (1939)
Avec Cary Grant, Victor McLaglen et Douglas Fairbanks Jr

mercredi 13 février 2013

La maison du docteur Edwardes : Quoi de neuf docteur Freud?

Il faut avouer qu’Hitchcock a toujours été mon chouchou. C’est avec Les Oiseaux que j’ai commencé ma carrière (encore bien jeune certes) de cinéphile, et j’ai dû voir un bon nombre de ses films avant d’enfin me tourner vers Ford, Hawks et autres Mankiewicz.


Et donc en revoyant La maison du Docteur Edwardes pour la troisième fois hier soir, je me suis rendu compte que, à l’instar de Les enchaînés, même si je l’aimais beaucoup avant, je le chéris encore plus maintenant. Comme si mon œil plus expérimenté appréciait davantage la merveille qu’on lui présente.

Hitchcock s’attaque ici au thème de la psychanalyse, innovant et audacieux pour l’époque, mais tout en gardant cet esprit de film noir, où l’intrigue presque policière nous tient en haleine. Ce qui est d’autant plus géniale de la part du maître, c’est d’avoir choisi d’utiliser une femme pour incarner le médecin : Ingrid Bergman en psychanalyste sérieuse, avec lunettes et blouse, et traitée d’iceberg par son collègue à l’allure un peu trop perverse à mon goût pour cacher d’honnêtes intentions. On est donc loin du personnage de femme hystérique généralement associée à l’idée freudienne…


Son patient est un Grégory Peck certes terriblement séduisant, mais aussi très passif, tel un pauvre petit chiot qui a besoin qu’on prenne soin de lui. Heureusement qu’Ingrid, avec sa classe démesurée et sa luminosité, est là pour le sauver.

Plus tard, lorsque l’iceberg fond et que les médecins mâles commencent à ôter toute crédibilité aux théories de la psychanalyste amoureuse, on a envie de dire, en tant que femme, qu'ils peuvent aller se pendre. Et je remercie Hitchcock d’avoir montré que non, une femme amoureuse même si elle a une attitude un peu niaise, ne devient pas complètement débile, et que non, les femmes ne sont pas de sombres sottes dès qu’on leur enlève leurs lunettes et leur blouse blanche. Pour preuve, le détective de l’hôtel est tellement imbu de son soi-disant talent qu’il se laisse berner par notre charmant docteur. Voilà, c’était mon petit quart d’heure féministe, ça fait pas de mal.


Un autre point génial de ce film est la séquence de rêve imagée par Dali. Tout le processus de dénouement de l’énigme découlant de celui-ci est tout simplement fascinant.
Je ne doute pas que les méthodes de psychanalyse sont un poil plus compliquées et longues en réalité, mais Hitchcock a su utiliser au mieux le sujet pour nous servir un film policier original et très charmant.

Note: 8/10
La maison du docteur Edwardes d'Alfred Hitchcock (1945)
Avec Ingrid Bergman et Gregory Peck

mardi 12 février 2013

Clair de lune : "Va! Je ne te hais point!"

Clair de Lune est une série culte des années 80 qui a lancé la carrière de Bruce Willis, et pourtant il a ici un rôle diamétralement opposé à ceux de dur à cuire auxquels il nous a habitué.


David Addison et Maddie Hayes sont des détectives qui ont un peu de mal à trouver des clients mais après tout, le business ici on s'en fiche. Non l'important dans cette série, c'est les engueulades. Les disputes. Les portes qui claquent. Les "Addisoooonnnn !!!!!!". Les:
"-Not another word, not another sound, not another *bip* before we arrive!!!!!
-*bip* "


Voilà Clair de Lune c'est ça. C'est un couple d'associés qui passe son temps à s'opposer sur les sujets les plus divers, le plus souvent même pas en rapport avec leur enquête, mais toujours très pertinents. Ils parlent en même temps, ne s'écoutent pas, crient mais partagent une fantastique alchimie.

L'un est un zouave, blagueur, dilettante, qui chantonne et fait du limbo avec les employés de l'agence. L'autre est une ancienne riche mannequin, fauchée, très belle mais un peu froide, et surtout effroyablement sérieuse. C'est le feu contre la glace, la joie de vivre contre la rabat-joie. Et tout ça c'est bien jouissif.
Clair de lune c'est aussi une série complètement décalée. Les personnages vont parfois s'adresser directement aux téléspectateurs derrière leur écran, et même répondre aux messages de fans en début d'épisode!
 

Ensuite on a droit à des épisodes spéciaux, l'un de mes préférés étant un hommage aux films noirs des années 40, se passant dans un club de jazz, en noir et blanc... On a aussi un épisode spécial Shakespeare, un autre spécial Casablanca... Mais bon je ne vais pas vous gâcher la surprise!
Les trois premières saisons sont vraiment tordantes et originales, en bref j'ai adoré. Ecrire cette critique me donne d'ailleurs envie de m'y replonger tout de suite. Mais voilà, les deux dernières sont une catastrophe scénaristique et c'est bien pour cela que la série s'est arrêtée... Dommage!
Mais sérieusement, les premières saisons sont un délice, et si vous aimez les engueulades alors vous vous régalerez. Maddie et Dave nous laissent avec des souvenirs de crêpage de chignons absolument épiques!!


P.S: En plus on peut voir Bruce Willis avec des cheveux!

Note : 8/10
Clair de lune crée par Glenn Gordon Caron (1985-1989)
Avec : Bruce Willis, Cybill Shepherd, Alice Beasley