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mercredi 22 janvier 2014

Lady Hamilton : Nelson a mis la tonne!

Inspiré de l'Histoire, ce film raconte la relation amoureuse entre l'Amiral Nelson, fervent opposant à notre Napoléon national, et Emma Lady Hamilton, une célèbre danseuse et muse, devenue Lady après s’être faite épousée par l’ambassadeur anglais à Naples.


Lady Hamilton et Nelson font partie de ces amants légendaires qui ont marqué leur temps, et quoi de plus propice que de prendre pour les interpréter le nouveau couple en vogue d’Hollywood de l'époque, fraîchement marié, Vivien Leigh et Laurence Olivier? D’ailleurs, après l’anoblissement de Larry, Vivien fût appelée Lady Olivier toute sa vie…

Le problème de ce film réside donc en partie dans l’exploitation des stars, qui se fait au détriment d’une meilleure écriture. Problème que l’on ne rencontre pas dans Cléopâtre par exemple, dont l’écriture est formidable bien que le film comptait sur son couple star. Leigh est magnifique et extrêmement charmante, comme son personnage haut en couleur le demande, et Olivier est justement austère et impérieux, mais on a du mal à vraiment compatir, le scénario s’offrant parfois quelques facilités.


Néanmoins, restons justes, il y a de très belles scènes, et le film reste distrayant et agréable à regarder, ne serait-ce que pour les interprétations.

Il ne faut pas oublier que le film date de 1941, période durant laquelle Hitler envahissait l’Europe et menaçait le Royaume-Uni, et que ce film reste une virulente attaque contre le dictateur. Il paraîtrait même que c’est le film préféré de Churchill et que celui-ci aurait écrit plusieurs des discours de Nelson, transposant ainsi sa haine pour ce Napoléon moderne. Si c’est bon pour Churchill, c’est bon pour moi !

Note: 7/10
Lady Hamilton de Alexander Corda (1941)
Avec Vivien Leigh, Laurence Olivier, Alan Mowbray, Gladys Cooper

vendredi 1 février 2013

La valse dans l'ombre : L'évanescence du sublime

C’était du temps où l’amour était sacré, pur, au dessus de toute corruption. Myra et Roy s’aiment d’un amour fou, dans les temps troublés de la première guerre mondiale.


Myra est une belle et adorable jeune danseuse, qui pourtant fait preuve d’un brin de défaitisme à l’égard de la vie et de ce qu’elle peut lui apporter. Elle va néanmoins placer toute sa foi en cet amour, même s’il lui apparaît trop beau pour être vrai.
Roy lui, est un charmant capitaine qui mord la vie à pleines dents et ne perd pas son temps à se poser des questions sur le pourquoi du comment. Il sait qu’il aime Myra, il sait qu’il veut l’épouser avant de repartir au front.
Mais voilà, la cruauté de la vie n’a pas de pitié pour les amants…

Un mélodrame d’exception, d’une beauté absolue, où l’amour est si fort qu’il en devient presque une expérience charnelle pour le spectateur. J'ai vu les plus endurcis pleurer comme des madeleines. Rien ne vient nous détourner de ce couple, comme si l'amour était la seule chose qui compte. Des dialogues de rêve, une cinématographie magnifique, une superbe musique et un duo d’acteurs fabuleux. L’alchimie entre les deux donne toute sa crédibilité à l’histoire, et culmine lors de cette fameuse valse d’Adieu, à la lumière des bougies et close par un baiser au doux rythme de la musique. Moment de pure poésie, la musique de cette valse n'en finit pas de me hanter...


Robert Taylor est d’un charme inouï, et séduit autant Myra que le public. Il donne à son personnage cet aspect chevaleresque qui fait tant rêver les demoiselles, un vrai gentleman quoi, presque iréel.
Vivien Leigh est tout simplement merveilleuse. D'une beauté et d'une grâce éblouissantes, elle garde toujours en elle cette qualité insondable, ce grain de mystère et de fragilité qui confère à son personnage toute la grandeur tragique dont il a besoin. Héroïne tragique donc, qui prouve que l’amour n’est jamais aussi grand que dans le sacrifice. Tel le cygne du lac qu’elle interprète dans son ballet, Myra ne pourra supporter que son amour soit souillé.

 
Olivier-René Veillon, spécialiste du cinéma de l'âge d'or, a dit que Leigh incarnait « l’évanescence du sublime » et qu’en cela elle était parfaite pour ce rôle. Je dois dire que c’est on ne peut plus juste. Elle joue l’évanescence d'un souvenir, celui d’un amour sublime et immaculé, mais qui, tel les bougies lors de la valse dans l’ombre, s’est éteint doucement dans un adieu…

Note: 10/10
La valse dans l'ombre (Waterloo bridge) de Mervyn Leroy(1940)
Avec Vivien Leigh, Robert Taylor, Virginia Field, Lucille Watson