samedi 9 février 2013

L'ombre d'un doute : Parlera ou parlera pas

Charles Oakley, personnage sombre et mystérieux, arrive chez sa famille, où on l'adore, surtout sa nièce Charlie. Mais très vite le comportement de cet oncle et les dires d'un détective vont faire germer des doutes dans l'esprit de la jeune fille, tiraillée entre l'amour pour son oncle et la justice.


On sait dès le début que Joseph Cotten/Charles n'est pas clair, mais c'est très avancé dans le film qu'on apprend de quoi il est coupable. A partir de ce moment là, tout dépend de Teresa Wright/ Charlie, sur qui repose la responsabilité d'aider les enquêteurs qui le filent et trahir son oncle ou bien aider ce dernier à s'enfuir.
Hitchcock tient ainsi une petite ville en otage, admirative de cet homme apparemment formidable, et complètement inconsciente de sa vraie nature. Seule la pauvre Charlie de plus en plus torturée au fil du film, sait de quoi il en retourne, et c'est son duo/duel avec Cotten qui apporte toute la tension dramatique. Car très vite il se rend compte qu'elle sait, et il s'installe ainsi un jeu du chat et de la souris, et on épie quel sera le prochain mouvement de l'un et de l'autre...


ATTENTION SPOILER!!

On remarque le point culminant de la tension arriver au moment de la scène du dîner, ou Hitchcock film en gros plan le monologue que tient Charles à propos des veuves qui le dégoutent tant. Le regard terrible qu'il porte alors à Charlie révèle en lui une nature mauvaise, et on le sait alors capable du pire, ce qui se vérifiera d'ailleurs par la suite lorsqu'il essayera de faire taire Charlie.
Le rôle de la famille autour de ce duo est très important car il permet de contrebalancer la tension autour des deux protagonistes. En effet, on parle beaucoup mais on ne s'écoute pas , entre la petite sœur "rat-de-bibliothèque-madame-je-sais-tout", la mère adoratrice aveugle, et pourtant touchante, de son frère et le père qui s'amuse avec son voisin ( et c'est là toute l'ironie...) à trouver le meilleur moyen de commettre un meurtre; on comprend tout l'univers d'insouciance et de futilité auquel Charlie veut échapper. Il est surtout l'illustration de ce que hait Charles dans ce monde. Encore un point commun entre nos deux Charlie..
La fin nous fait comprendre que le monde n'est ni blanc ni noir, et que même quelqu'un qui a toute notre confiance peut nous décevoir et être capable du pire. La morale est sauve car le "méchant" est puni, mais c'est au prix de l'innocence de Charlie, et on voit donc que la réalité n'est ni parfaite ni évidente.

FIN SPOILER!

Tout le cast est formidable mais Teresa Wright et Joseph Cotten sont excellents dans ce jeu de tension. Un de mes Hitchcock préférés, que je ne peux que vous recommander.

Note: 9/10
L'ombre d'un doute d'Alfred Hitchcock (1945)
Avec: Joseph Cotten, Teresa Wright

Royal Affair : Mikkel Boe film!

Histoire véridique de Johann Struensee, médecin et ami du roi fou Christian VII de Danemark, qui deviendra l’amant de la reine Caroline Mathilde et usera de son influence peu à peu grandissante pour faire passer des réformes modernes suivant les principes des Lumières.


Ce film danois se révèle être un somptueux film en costumes, mêlant à la fois un souffle historique fascinant et le drame inhérent aux histoires d’amour interdites.
Pétris des idées de Rousseau et Voltaire, la reine et Struensee vont user de leur position pour influencer le roi et virer « la vieille garde » composée de nobles et de religieux. L’ascension de Struensee est captivante et il est étonnant de voir que son action, si primordiale, ne s’est déroulée en réalité que sur 4 années, entre 1768 et 1772 (20 ans avant la révolution française tout de même!). Ce qui est tout aussi intéressant c’est de constater que ce personnage, bien que réel utopiste adepte des philosophes français, trouve un certain plaisir despotique à s’emparer peu à peu du pouvoir royal. On le voit négliger son statut de camarade du roi pour celui d’homme d’Etat, se laissant aller à quelques colères autoritaires. En tant qu’amant secret de la reine, les ficelles politiques sont plus difficiles à tirer. Le pouvoir, au lieu d’être complètement désintéressé et au service du bien-être du peuple, va bientôt également servir les intérêts personnels du couple. Les histoires de cœurs et la politique ne font pas bon ménage.

Bien sûr ce nouveau statut ne plaît pas à la cour conservatrice, complots et rumeurs allant bon train…
J’aurais aimé cependant, et ce, comme l’a dit une critique du site, voir les impacts de ces nombreuses réformes sur le peuple lui-même. On peut voir les impacts politiques sur la vie à la cour mais pas beaucoup les effets sur la vie de la population danoise, ce qui est en soi un peu dommage étant donné que le film parle de réformes sociales majeures. Pratiquement tout le film se déroule dans le château hormis quelques sorties en carrosse et des balades à cheval magnifiques.

Quant au drame amoureux il est évidemment bouleversant et se mêle bien, comme je l’ai dit, à toute cette intrigue politique, jusqu’à ce que finalement, ils ne fassent plus qu’un. Si l'on ne voit pas les effets de la politique sur le peuple, ce que je regrettais plus haut, c'est sans doute, comme le titre l'indique, parce que "A royal affair" est avant tout un triangle amoureux à la cour. On est fort heureusement loin des chichis et du manichéisme hollywoodiens rassurez-vous. Cette liaison est d'autant plus belle qu'elle s'épanouit d'abord sur le plan intellectuel: Caroline, privée de ses livres préférés car censurés au Danemark, emprunte Rousseau à Struensee, et ensemble ils discutent de cette liberté à laquelle ils aspirent, rêvant de la voir devenir réalité. Et puis il y a la scène du bal, moment classique dans ce genre de film, mais ici tellement magique...


Mads Mikkelsen est un Struensee magistral et fort séduisant. Je ne l’ai jamais trouvé beau auparavant mais il a un magnétisme renversant dans ce film, avec ses cheveux long et ses pommettes saillantes… La très belle et prometteuse Alicia Vikander incarne magnifiquement la jeune reine humiliée et délaissée par son mari, qui va trouver un espoir de destinée meilleure en la personne de Struensee. C’est d’ailleurs elle qui raconte l’histoire. C'est sans doute le troisième personnage de ce triangle qui a le rôle le plus impressionnant: tantôt fou de colère, tantôt léthargique, parfois perdu et souvent enfantin, Mikkel Boe Foslgaard est un roi malade extraordinaire. Il a d'ailleurs été primé au festival de Berlin cette année. 

Même si la réalisation est assez académique, la photographie et la reconstitution historique sont superbes, ainsi que l'écriture. Malgré le déroulement rapide des événements, quelques longueurs se font sentir, mais elles n’entachent pas réellement l’engouement que j’ai eu pour un des plus beaux films en costumes de ces dernières années. Une belle surprise pour cette fin d’année, racontant une page importante de l’Histoire du Danemark, qui finalement n’a pas toujours été le pays ouvert et développé que l’on connaît.

Note: 8/10
Royal Affair de Nikolaj Arcel (2012)
Avec: Alicia Vikander, Mads Mikkelsen, Mikkel Boe Folsgaard

jeudi 7 février 2013

Les hommes préfèrent les blondes : Le Python et la chèvre

Howard Hawks pensait que le film était déjà une réussite en soi rien que pour le fait d'avoir Marilyn Monroe et Jane Russel marchant côte à côte. Il a bien raison.


Lorelei et Dorothy (respectivement Monroe et Russell), deux amies chanteuses de cabaret, partent en croisière pour rejoindre l'Europe, où Lorelei, amatrice de diamants, va épouser un riche et naïf héritier. Dorothy, plus intéressée par l'amour véritable que par la fortune, est chargée de la chaperonner, même si elle n'a d'yeux que pour l'équipe Olympique qui monte à bord avec elles...
S'en suit alors un enchaînement de scènes rigolotes et cocasses, ponctuées de chansons sympas et de la sensualité irrésistible de nos deux héroïnes.


Beaucoup décrivent le personnage de Marilyn comme une blonde écervelée, manipulatrice et immorale, qui use de son charme pour embobiner les hommes. Certes, c'est un fait, elle adore les diamants, cependant son personnage est beaucoup plus profond que cette apparente vénalité. Lorelei fait l'idiote parce que ce n'est que comme ça que les hommes l'aiment. Ils aiment les demoiselles aux formes généreuses qui les flattent et demandent leur aide. Lorelei ne fait qu'exploiter au mieux ses charmes, afin de tirer profit de ce carcan social dans lequel la société machiste a emprisonné la gente féminine jusque là : la jolie gourde, inutile mais agréable. Elle dit elle même à la fin du film, au père de son fiancé, qu'il n'y a que quand elle fait la cruche que l'on s'intéresse à elle, preuve qu'elle est consciente de son manège. Elle ajoute quelque chose de fort intéressant qui est pourquoi est-ce que les hommes s'offusquent qu'on veuille les épouser pour leur argent, alors que de leur côté, ils veulent absolumment épouser des filles belles? A t-on jamais accusé les hommes d'être aussi superficiels que les femmes? Laissez moi en douter... 


D'un autre côté on a Dorothy, qui n'a que faire de l'argent et représente la raison dans "ce couple". Elle cherche l'amour mais à bord que trouve t-elle? Une équipe olympique qui se couche à 21h et un jeune héritier pervers mais plus perspicace que ses homologues adultes... 

Il y a donc ces deux femmes débordantes de sexualité mais qui finalement restent frustrées car il n'y a pas de vrais hommes à bord... Cette situation est d'ailleurs symbolisée par les deux chansons principales du film, Jane Russell chante "Anyone here for love?" au milieu de ses sportifs couche-tôt et Marilyn "Diamonds are a girl's best friend" dans un cabaret, déplorant l'intérêt diminuant des hommes dès que les femmes vieillissent.


Je dirais donc qu'au delà de la très sympathique comédie musicale que nous offre Hawks, on peut lire dans "Les hommes préfèrent les blondes" une véritable critique de la société américaine adepte de la consommation et de l'apparence...

Note: 10/10
Les hommes préfèrent les blondes de Howard Hawks (1954)
Avec : Marilyn Monroe, Jane Russel, Charles Coburn

Irma la douce : Madame Irma et ses boules

Après La garçonnière, j’ai décidé de me repasser Irma la douce, non par parce que j’avais peur de l’avoir sous-évalué comme ce dernier, mais parce que j’avais le souvenir d’un moment bien jubilatoire.


Ce film est une grosse blague, une farce bien loufoque se passant dans un Paris déluré et coloré, où les filles de joies se targuent de faire carrière et d’entretenir leur mac.
Shirley MacLaine incarne Irma, une belle prostituée très populaire dans la rue Casanova. Elle voue un culte à la cigarette et à la couleur verte, de ses bas au nœud dans ses cheveux, en passant par celui de son caniche alcoolo, tout y passe (et je dois avouer qu’elle le porte bien)! Jack Lemmon est quant à lui Nestor, un flic devenu le souteneur d’Irma après avoir été limogé pour avoir été trop zélé. Il attend avec les autres macs au bar de Moustache, l’homme qui exerça mille et un métiers, pendant qu’elle reçoit ses clients à l’hôtel…


On est alors embarqué dans un tourbillon de folie douce et drôle, qui se moque gentiment des mœurs moralisatrices. J’adore qu’Irma déplore que sa mère ait abandonné sa carrière de prostituée pour devenir caissière, j’adore qu’elle devienne folle de joie parce qu’elle va pouvoir acheter une voiture à son homme et j’adore quand Nestor fait son grand timide et ne veut pas se déshabiller devant une Irma pratiquement déjà nue… C’est juste le monde à l’envers! La situation conjugale normale, où l’homme entretient sa famille et où la prostitution est honteuse, est complètement inversée et c’est un renversement des clichés bien sympathique et amusant. La chair et le péché sont à l’honneur, et ce n’est pas Miss MacLaine qui me contredira… ! 

Je comprends bien que tout ce kitch peut paraître horrible à certains mais moi j’ai passé 2h15 sur un nuage, et même si les dernières minutes sont complètement tirées par les cheveux, après 2h de ce bonbon hallucinatoire, ça passe presque tout seul…

Note: 8/10
Irma la douce de Billy Wilder (1963)
Avec: Shirley MacLaine, Jack Lemmon

La garçonnière : "Some people take, some people get took."

Je suis bien contente de m’être décidée à le revoir celui-là ! Le petit 7 que je lui avais infligé me faisait mal au cœur. Sans doute parce que j’ai vu le film trop jeune, il ne m’avait laissé qu’un vague souvenir sympathique mais pas franchement grandiose. Or ce que j’ai vu hier soir n’est rien de moins qu’une petite merveille.


Il est étrange que ce film tellement charmant et drôle cache de si sombres critiques de l’Homme, à l’image de ce moment où, alors enchantés par Jack Lemmon (Baxter) qui égoutte des spaghettis avec une raquette de tennis, Shirley MacLaine (Fran) nous sort sa terrible théorie sur les deux catégories d’individus existantes, ceux qui prennent, et ceux qui sont pris.

Et c’est en effet tout ce dont parle le film. Ceux qui prennent par la force ce qu’ils désirent, un appartement, une promotion, une femme ! Et ceux qui sont pris, qui subissent ces désirs : Baxter prête son appartement parce qu’il ne sait pas dire non et voit une promotion potentielle, les secrétaires se laissent berner par des promesses de divorces de leurs amants mariés, ou se font pincer les fesses dans les ascenseurs par de gros pervers… Le film dénonce le fonctionnement d'une société impersonnelle, où ceux qui réussissent sont ceux qui trichent, soudoient, menacent, et non ceux qui méritent, comme le découvrira à ses dépends Baxter.

Ce ton cynique (attention spoiler) est également souligné par la tentative de suicide de Fran et le presque complet désintéressement du responsable de ce drame, à l’image de l’individu en détresse dont la société n’a que faire. Elle est sauvée par Baxter, un homme comme elle, pris dans les filets des « takers », avec un cœur gros comme ça.


Heureusement d’un autre côté on a une comédie romantique joyeuse et amusante, pleine de douceur et de moments charmants. Jack Lemmon est génial dans ce personnage d’amoureux transi et timide, un peu maladroit mais tellement généreux, qui joue au gin et fait la cuisine. Shirley MacLaine ressemble à un petit oiseau blessé, délaissée par la vie et pourtant parfois tellement pleine d’entrain. Un petit coup de cœur aussi pour les voisins de Baxter, un médecin et sa femme, qui apportent une belle touche d’humour au film. Avec à la fois un regard plein de reproches et de bienveillance pour Baxter, il sont une véritable soupape de gentillesse et de solidarité.

Une magnifique comédie donc, qui même en faisant un constat terrible, n’arrive pas à nous ôter le sourire béat provoqué par la dernière scène…

Note: 10/10
La garçonnière de Billy Wilder (1960)
Avec: Shirley MacLaine, Jack Lemmon, Fred MacMurray

lundi 4 février 2013

My name is Khan : "...and I'm not a terrorist."

Vous verrez chers lecteurs que j'ai un faible pour les productions indiennes et qu'il ne sera pas rare d'en croiser sur ce blog, pour votre grand plaisir je l'espère. Je trouve que c'est un genre sous-estimé et même parfois injustement moqué, qui présente une multitude de choses intéressantes qu'on ne retrouve pas dans le cinéma occidental. Passons donc maintenant au film qui nous occupe.


Rizvan Khan (Shahrukh Khan) est un indien musulman atteint du syndrome d'Asperger (forme d'autisme), qui va rejoindre son frère à San Francisco. Là-bas, il rencontre une jeune coiffeuse hindoue, une mère célibataire nommée Mandira (Kajol). Ils vivent leur vie tranquilement jusqu'à ce que les attentats du 11 septembre viennent bouleverser leur quotidien. Ils doivent faire face à l'hostilité et l'ignorance de la population. Après un drame terrible, Rizvan, avec son courage ingénu, est décidé à aller voir le président pour lui dire "My name is Khan and I am not a terrorist".

Karan Johar s'attaque ici à un thème bien différent de celui auquel il nous avait habitué, et c'est la première chose à saluer. On est loin de "La famille indienne" ou autre Kuch Kuch Hota Hai (film dont je ne suis vraiment pas fan), même si on retrouve tout de même des idées fondamentales, telles que la famille (et les drames associés!), l'amour, le sacrifice... On voit ici que Johar a mis tout son coeur dans son projet, et la cause qu'il défend est plus que louable.

Cependant on retrouve des travers assez regrettables. Le film est très manichéen, même beaucoup trop. Rizvan dit d'ailleurs dans le film qu'il y a "les gens bons, et les gens mauvais". Or, nous savons tous que ceci n'est vrai que dans une certaine mesure. Je comprends bien que le but est de montrer les injustices subies par les musulmans et l'amalgame tragique fait entre Islam et islamisme, mais il n'y avait pas besoin de vouloir toucher à tout, et de parfois aller même jusqu'au ridicule. Les derniers 3/4h sont vraiment navrants (Johar lui même l'a reconnu) et c'est DOMMAGE car le film a tout de même de belles choses à offrir.

 
Tout d'abord, le meilleur élément de ce film, c'est Shahrukh Khan. Loin de son cabotinage habituel (que j'apprécie haha), il campe un personnage profondément attachant et c'est lui qui va vous faire regarder le film jusqu'au bout. Car, bien que parfois naïves, ses aventures sont attendrissantes et touchent notre côté humaniste. Évidemment sa condition d'autiste permet à Johar de soulever des questions plus facilement et de créer des situations cocasses. SRK s'est réinventé et c'est un vrai plaisir.

La période pré-attentats est consacré à sa rencontre avec Kajol, charmante par ailleurs, mais elle en fait un peu trop dans les scènes comiques (comme toujours à mon avis mais bon je connais les nombreux fans de Kajol alors je ne m'attarderai pas sur ses talents...^^). Toute cette partie est donc charmante, ponctuée par de superbes chansons, qui resteront dans le fond, pour le plus grand bonheur de ceux qui ne sont pas friands des danses et chants bollywoodiens. Rizvan et Mandira forme tout de même un couple atypique, qui a plus un côté camaraderie que passion débordante, mais bon, tout cela reste sympathique.

 
Le reste est consacré, comme je l'ai dit, à la dénonciation de la situation des musulmans aux Etats-Unis et au road trip de Rizvan. Et malgré les défauts que j'ai mentionnés, le film reste distrayant jusqu'au bout et on ne peut que s'allier à la cause de notre héros. Un héros du peuple porteur d'espoir et de bonté, un héros comme on les aime.

Note: 6/10
My name is Khan de Karan Johar (2010)
Avec : Shahrukh Khan, Kajol

Blanches colombes et vilains messieurs : Allez viens Marlon, on s'enfuit j'en peux plus!

Bon, on va vite fait énumérer les défauts de ce gentil film avant de parler de ce qui m’a fait craquer ! Tout d’abord les chansons, vous me direz c’est dommage de ne pas les aimer quand on parle d’une comédie musicale, mais, il y en a trop, et surtout elles ne sont pas toutes plaisantes.

Autant j’adore quand Brando pousse la chansonnette, autant je me passerais bien d’entendre la voix de crécelle de Vivian Blaine trop souvent (sorry Vivian…). Après il y a tout de même de très jolis numéros à ne pas rater, comme celui à l’ouverture du film, la petite séquence de folie cubaine à La Havane ou bien dans le registre romantique, "Woman in love" est extra. Le deuxième point noir ce sont les décors, très pauvres, mais peut-être est-ce pour rappeler que le film est à l’origine une pièce de Broadway (jouée par les mêmes acteurs)… ?
 
Enfin, passons outre ces éléments et qu’est-ce qu’il nous reste? Mankiewicz étant le réalisateur on peut se douter qu’il va quand même nous donner quelque chose à se mettre sous la dent. En effet, même si le scénario n’est pas bien épais, le film arrive à durer plus de deux heures sans qu'on ne s'ennuie. Les scènes de dialogue sont plutôt chouettes, et surtout on a la belle escapade à La Havane mentionnée plus haut, où Jean Simmons, une prude missionnaire, en vient à jouer des hanches et des poings avec les danseuses d’un bar. Ah le Dulce de leche fait des merveilles c’est sûr !

 
Et puis on a les acteurs. Si Sinatra et Blaine sont sympathiques (une fois qu’on accepte cette horrible voix agüe…), c’est surtout Brando et Simmons qui justifient le prix du billet !

Oh Marlon Marlon Marlon !! Je jouerais aux dés avec lui, je le suivrais à La Havane, je me déhancherais… hum... enfin bref vous voyez l’idée…

Note: 7/10
Blanches colombes et vilains messieurs de Joseph L. Mankiewicz (1955)
Avec : Marlon Brando, Jean Simmons, Franck Sinatra, Vivian Blaine.